Quel pourrait être l’avenir des Ehpad ?

Quel pourrait être l’avenir des Ehpad ?

Un miroir de notre humanité : le temps qui passe dans les maisons de retraite

Quand j’étais étudiant, j’ai été confronté à une réalité que je ne soupçonnais pas : la dépendance. Pendant deux étés, à l’occasion d’activités de soins autour de l’hygiène corporelle et des services hôteliers pour les résidents (toilettes, assistance aux repas et accompagnateurs). J’ai eu affaire à des personnes qui ne pouvaient plus vivre seules. Ils souffraient de maladies dégénératives, parfois accueillies dans ces structures très jeunes, âgées d’à peine 60 ans, ou souffraient de handicaps très invalidants tels que l’obésité, ou encore à l’occasion d’un accident, d’une sclérose en plaques, souffrant de maladies mentales qui ne leur permettent plus un « normal » la vie sociale, ou simplement à la fin de leur vie.

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Mais l’image qui m’a le plus frappée est celle de cette grand-mère assise sur sa chaise face à sa porte. Chaque jour, elle me disait ses mots : « Bonjour jeune homme, mon mari va bientôt venir me chercher à la maison, peux-tu descendre ma valise pour moi s’il te plaît ». Alors, comme d’habitude, je lui ai expliqué que son mari ne viendrait pas. Ensuite, je prenais cinq minutes d’un temps qui ne me coûtait rien pour m’asseoir avec elle et être la seule relation humaine qu’elle aurait en dehors des soins.

Alors oui, ce temps de quelques minutes ne m’a rien coûté, en tant qu’étudiant, qui n’avait rien d’autre à faire après être allé boire une bière avec des amis.

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Comment préserver le lien social intergénérationnel dans les maisons de retraite médicalisées ?

Aujourd’hui, les initiatives se multiplient pour que les établissements de type EHPAD s’ouvrent. Les échanges avec les jardins d’enfants et les écoles primaires ne font plus exception.

Des projets structurellement plus ambitieux, aboutissent à la création d’établissements combinants crèche et maison de retraite et participent à la création de ce lien. Ces initiatives contribuent à changer le visage de notre société et méritent d’être soutenues par nos autorités publiques. En effet, cette solidarité, parfois intergénérationnelle, nécessite une attention particulière pour garantir le bien-être de tous. C’est une réalité qui doit être promue avec des moyens suffisants devraient lui être accordés.

Quand les nouvelles technologies apparaissent dans les maisons de retraite

De façon surprenante, les nouvelles technologies peuvent apporter des réponses à ce besoin d’ouverture de la maison de retraite, et donc de ses résidents. Aujourd’hui, les voyages en réalité virtuelle permettent aux pensionnaires de s’échapper.

Quand on sait que 85 % des gens veulent vieillir chez eux. La contribution des nouvelles technologies est indéniable au maintien de l’autonomie.

La domotique investit déjà dans notre vie quotidienne et continue de développer de nouveaux services permettant l’entretien de la maison et l’amélioration des conditions de vie. Les initiatives de services de vidéosurveillance permettent une aide personnalisée aux patients atteints de maladies tels que la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson. Cette technique vous permet de rassurer et de guider à distance vos proches dépendants.

« Chaque année, environ un tiers des personnes âgées de 65 ans et plus vivant chez elles tombent. »

Les systèmes de capteurs, dits intelligents, participent à la détection des chutes, 12 000 par an, tout en optimisant la protection de la vie privée en ne transmettant que des alertes.

La lutte contre les chutes passe également par des serious games dont l’impact sur la marche et l’équilibre a été démontré.

Les nouvelles technologies vont également dans le sens du maintien de la vie sociale en permettant la mobilité. Je pense au système de géolocalisation qui permet de s’assurer qu’une personne reste bien dans son espace de vie et qui est capable de déclencher des alertes en cas de situations anormales. Je suis en pensant également à la question importante des véhicules autonomes personnels, taxi, voir ambulance. L’autonomie par la mobilité est un enjeu majeur qui va bien au-delà de la question de la fixation d’un âge pour tester l’aptitude à la conduite.

Les liens sociaux et humains, les méthodologies et les technologies sont des sujets aussi importants que les soins pour permettre à nos structures d’accueil d’établir leur rôle de lieu de vie. Dans les zones rurales, peut-être encore plus qu’en ville, ce besoin est omniprésent.