À 62 ou 64 ans, tout ne bascule pas d’un coup. Pour celles et ceux qui perçoivent l’AAH, franchir l’âge légal de départ à la retraite ne signifie pas la fin immédiate de cette aide. La transition ne s’opère que si les pensions de base et complémentaires dépassent le plafond fixé pour l’AAH.
Dans certains cas, l’AAH continue de compléter une retraite trop modeste. Les conditions sont strictes, et il faut s’adresser aux interlocuteurs compétents pour ne pas voir ses droits suspendus du jour au lendemain.
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AAH et retraite complémentaire : ce qui change à l’âge légal de départ
Quand arrive l’âge légal de départ à la retraite, 62 ans pour les générations nées avant 1968, 64 ans pour les suivantes depuis la réforme de 2023, le cadre des aides évolue pour les titulaires de l’AAH. La pension de vieillesse est appelée à prendre le relais, mais ce changement ne se fait ni brusquement, ni sans vérification. Le montant exact des retraites, base et complémentaire, doit d’abord être établi.
Voici les deux scénarios qui peuvent se présenter :
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- Si le total des pensions, qu’elles soient issues du régime général ou des complémentaires, reste inférieur au plafond annuel de l’AAH, alors un cumul reste ouvert. L’AAH vient compléter la pension jusqu’à la limite légale (1 033,32 € mensuels en 2025).
- Si, au contraire, la somme des retraites franchit ce seuil, l’AAH s’arrête.
Le taux d’incapacité reste un critère déterminant. Les personnes avec un taux d’au moins 80 % peuvent conserver l’AAH, sous réserve de ressources, même après l’âge légal, et jusqu’à 67 ans selon la réforme 2024. Pour un taux compris entre 50 % et 79 %, c’est l’ASPA qui prend le relais : à la différence de l’AAH, cette prestation est récupérée sur la succession.
Pour faire valoir leurs droits, les allocataires doivent se tourner vers la CARSAT pour la liquidation de la retraite, et vers la MDPH pour la reconnaissance du taux d’incapacité. Depuis la loi de finances 2017, le cumul AAH-retraite a été rendu possible dans certaines situations, ce qui garantit un minimum de ressources pour ceux dont le montant de pension demeure faible. La déconjugalisation, appliquée depuis octobre 2023, a allégé les contraintes pour les personnes en couple : désormais, seuls les revenus personnels sont pris en compte, ceux du conjoint ne conditionnent plus l’accès à l’AAH.

Cumul, montants et démarches : comprendre vos droits pour mieux préparer la transition
La transition entre AAH et retraite complémentaire ne se résume pas à une simple formalité. À l’approche du seuil d’âge, chaque situation exige d’examiner de près ses revenus et son taux d’incapacité. La CAF ou la MSA verse l’AAH selon un plafond de ressources : pour une personne seule, il s’établit à 1 033,32 € par mois en 2025, et il augmente avec la composition familiale.
Pour y voir plus clair, voici ce qu’il faut retenir :
- Le cumul AAH et retraite reste accessible tant que la somme des retraites (base et complémentaire) et de l’AAH ne dépasse pas le plafond défini.
- Pour chaque enfant à charge, ce plafond s’élève de 508,03 €, soit 50 % du montant de base.
- Les bénéficiaires dont le taux d’incapacité est reconnu à 80 % ou plus par la CDAPH peuvent poursuivre ce cumul jusqu’à 67 ans, sous réserve de ressources et d’une résidence stable en France.
Les démarches sont coordonnées : il faut d’abord contacter la MDPH pour faire reconnaître le taux d’incapacité, puis la CARSAT pour la liquidation de la retraite. La réforme de la déconjugalisation, entrée en vigueur en octobre 2023, est venue clarifier les règles : seuls les revenus individuels sont désormais pris en compte. Attention toutefois : aucune bascule automatique n’est prévue. Chaque dossier passe par une analyse précise : droits, montants, conditions de résidence, tout est vérifié.
Traverser cette étape exige d’être attentif, proactif et bien renseigné. Parce qu’entre le dernier versement de l’AAH et la première pension de retraite, il n’y a pas de filet invisible : seulement des démarches concrètes, à mener en gardant le cap sur ses droits. Pour beaucoup, c’est l’assurance de ne pas voir fondre son niveau de vie du jour au lendemain, et, parfois, la possibilité de respirer un peu plus librement à l’heure de la retraite.

