Comment les indemnités journalières influencent votre retraite

Un chiffre : 60. C’est le nombre de jours qui, sans que la plupart le sachent, peut bouleverser la trajectoire de votre retraite. Les indemnités journalières, ce filet de sécurité en cas de coup dur, ne se contentent pas de combler un manque à gagner temporaire. Elles laissent leur empreinte sur votre retraite, parfois en bien, parfois en creux.

L’impact sur votre retraite de base

Pour toute personne affiliée au régime général, les périodes d’arrêt maladie indemnisées ne sont pas des parenthèses sans lendemain. Elles permettent de valider des trimestres pour la retraite, sous réserve de respecter quelques principes :

  • Le trimestre où tombe votre 60e jour d’indemnisation compte pour un trimestre validé ;
  • Ensuite, chaque tranche de 60 jours indemnisés vaut un trimestre supplémentaire, dans la limite de 4 par an.

Attention, il ne s’agit pas de trimestres cotisés mais de trimestres assimilés. Cette nuance n’est pas anodine, car elle a des conséquences concrètes.

  1. Pour un départ anticipé grâce à une longue carrière, seuls 4 trimestres assimilés peuvent entrer dans le calcul.
  2. Après l’âge légal, une fois le taux plein atteint, ces trimestres ne sont plus retenus dans le décompte.

Autre effet, moins intuitif mais tout aussi décisif : lors du calcul du salaire annuel moyen brut (SAMB), seules les 25 meilleures années sont retenues, mais les indemnités journalières ne sont jamais prises en compte. Résultat : aucune trace de ces montants dans votre salaire reporté, ce qui peut peser sur le calcul final.

Un cas à part s’impose : les expatriés affiliés à la Caisse des Français à l’étranger. Pour eux, les indemnités journalières perçues dans le cadre d’une maladie ne valident aucun trimestre. Ici, la règle s’arrête à la frontière.

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Les conséquences pour votre pension complémentaire

Un arrêt de travail n’interrompt pas tout : il permet d’acquérir des points de retraite complémentaire, à condition de dépendre de l’AGIRC-ARRCO et d’avoir perçu soit des indemnités journalières, soit une pension d’invalidité ou une rente.

  • Affiliation à l’AGIRC-ARRCO obligatoire ;
  • Versement effectif d’indemnités journalières, d’une pension d’invalidité ou d’une rente durant l’arrêt.

Le calcul de ces points s’appuie sur ceux acquis l’année précédant l’arrêt. On divise le total de points obtenus au cours de cette période par le nombre de jours de l’année, pour obtenir une moyenne quotidienne. Cette base permet de déterminer le maximum de points attribuables pendant l’arrêt, sans jamais dépasser la somme acquise lors de l’année de référence.

Pour bénéficier de ces points, il faut transmettre ses attestations d’indemnités journalières à la caisse de retraite complémentaire. Le nom de celle-ci figure sur votre relevé de carrière, à télécharger en cas de doute.

iStock Contrat d’assurance collective

Toutes les indemnités journalières ne se valent pas. Celles versées par la Sécurité sociale, on l’a vu, participent au calcul de la retraite. Celles octroyées par les groupes d’assurance dans le cadre d’un contrat collectif, qu’il s’agisse d’un arrêt maladie ou d’une invalidité, restent hors champ. Autrement dit, ces indemnités n’ouvrent aucun droit à la retraite, ni en trimestres ni en points.

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle

La logique change si l’arrêt est dû à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Dans ce cas :

  • Pour une incapacité temporaire, chaque tranche de 60 jours indemnisés valide un trimestre, dans la limite de 4 par an.
  • En cas d’incapacité permanente d’au moins 66 %, chaque trimestre marqué par le versement d’une pension d’invalidité permanente est comptabilisé, là encore dans la limite de 4 par an.

Pour la retraite complémentaire, l’acquisition des points suit la même mécanique que celle évoquée précédemment.

Dans le cas d’une mi-temps thérapeutique

Le retour progressif à l’emploi, via un mi-temps thérapeutique, combine salaire partiel et indemnités journalières. L’attribution des trimestres dépend alors de vos cotisations. Si votre rémunération tombe sous le seuil du SMIC, il vous manque des trimestres cotisés : les indemnités journalières prennent alors le relais pour compléter le compte.

Mais attention : ces trimestres ainsi validés ne sont pas des trimestres cotisés. Si votre objectif est une retraite anticipée, cette différence pèsera dans la balance. Par ailleurs, le calcul du montant de la pension reste fixé sur le salaire moyen, sans intégrer les indemnités journalières. Il peut être judicieux d’aborder la question de la surcotisation avec votre employeur pour doper votre future pension.

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